Le ski alpin est le premier sport pourvoyeur de blessures du genou en France. À Chambéry, au pied des stations de Savoie, nous prenons en charge les skieurs blessés tout au long de la saison, du diagnostic au retour sur les pistes.
En ski alpin, le genou est l'articulation la plus exposée. À elle seule, elle représente 30 à 40 % des blessures totales en station. Les principales pathologies que nous prenons en charge :
Mécanismes typiques : phantom foot, valgus-flexion-rotation, hyperextension. Chirurgie par ligamentoplastie (DIDT, KJ, QT). Retour au ski en 6-8 mois.
Souvent associée à la rupture du LCA (50-70 % des cas). Suture privilégiée chez le skieur. Retour au ski en 4-6 mois après suture, 2-3 mois après méniscectomie.
Atteinte du ligament collatéral interne par choc en valgus. Souvent traitement médical (genouillère + kiné) ; chirurgie réservée aux lésions hautes ou avulsions.
Tibia, plateau tibial, malléole, fémur : prises en charge en réseau avec urgences du Médipôle. Suivi orthopédique secondaire.
Souvent lors d'impacts en valgus ou luxation rotulienne. Traitements de réparation cartilagineuse (microfractures, mosaïcoplastie, ACI/AMIC).
Fréquente chez le jeune skieur, en valgus-flexion-rotation externe. Bilan IRM systématique, plastie MPFL si instabilité récidivante.
Tout traumatisme du genou en ski avec craquement, gonflement rapide, ou impossibilité de poser le pied doit faire l'objet d'une consultation orthopédique avec IRM dans la semaine. Une lésion méniscale instable peut bénéficier d'une réparation précoce — d'autant plus efficace qu'elle est faite tôt.
Pour un avis spécialisé, plusieurs voies possibles :
On ne peut pas éliminer le risque, mais on peut le diviser par 2 à 3 avec une bonne préparation.
Renforcement quadriceps & ischio-jambiers (squats, fentes, soulevés roumains), gainage, proprioception (plateau Freeman), sauts unipodaux. 3 séances/semaine.
Réglage chez un vendeur professionnel (DIN adapté au poids, niveau, terrain). Réajustement en cours de saison. Skis adaptés au niveau et au type de pratique.
Échauffement avant la première descente. Pauses régulières (toutes les 1h30-2h). Hydratation, alimentation. Arrêt avant la dernière descente « de trop » en fin de journée.
Chez les jeunes skieuses de compétition (population à très haut risque), les programmes type PEP réduisent l'incidence du LCA de 50-70 %. À mettre en place dès l'adolescence dans les clubs.
Si la rupture du LCA survient en début de saison (décembre-janvier) : opérer en février-mars pour reprendre l'année suivante. Si elle survient en fin de saison (avril-mai) : opérer rapidement pour reprendre l'année suivante en pleine forme. Si elle survient hors saison : opérer en avril-juin, c'est l'idéal.
Pour une lésion méniscale isolée, le calendrier est moins contraint : 2-3 mois avant la saison suffisent pour une méniscectomie, 4-5 mois pour une suture.
Le ski est compatible avec une prothèse moderne du genou ou de la hanche, sous conditions :
Découvrir le fiche Prothèse de genou et le fiche Prothèse de hanche.
Par ordre de fréquence : la rupture du LCA (première blessure du genou en ski), les lésions méniscales (souvent associées au LCA), les entorses du LLI, les fractures du tibia, et les luxations de l'épaule. Le ski hors-piste et le freeride exposent à des lésions multi-ligamentaires plus complexes.
Préparation physique en pré-saison (6 semaines minimum), réglage adapté des fixations, choix de pistes adaptées au niveau, gestion de la fatigue (la majorité des accidents surviennent en fin de journée), hydratation, programmes de prévention type PEP chez les jeunes athlètes.
Pour un LCA, le timing idéal est avril-juin pour reprendre le ski la saison suivante. Pour une chirurgie méniscale, le délai est plus court : 2-3 mois avant la saison suffisent en cas de méniscectomie, 4-5 mois en cas de suture méniscale.
Oui, le ski de loisir sur pistes adaptées (vertes, bleues) est compatible avec une prothèse moderne. Le ski intensif ou en compétition n'est pas recommandé. Reprise possible à 3-6 mois post-opératoire selon la prothèse.
Une genouillère ligamentaire est recommandée la première saison de reprise après chirurgie du LCA. Elle apporte une sécurité psychologique et un léger gain proprioceptif. Pas indispensable au long cours chez la majorité des patients après 1-2 saisons.