Le CFA est une cause majeure de douleur de hanche chez le sujet jeune et sportif — longtemps méconnue. Guide complet 2026 : comprendre les types CAM/PINCER/mixte, savoir reconnaître la douleur, faire le diagnostic, et décider entre traitement médical et arthroscopie de hanche.
Le conflit fémoro-acétabulaire (CFA), ou Femoroacetabular Impingement (FAI) en anglais, est une anomalie morphologique de la hanche qui crée un contact anormal entre la tête fémorale et le rebord cotyloïdien lors des mouvements de flexion-rotation. Ce contact répété abîme progressivement le labrum acétabulaire et le cartilage, source de douleur et d'arthrose précoce.
On distingue trois types morphologiques :
Anomalie de la jonction tête-col fémoral : excès osseux antéro-supérieur du col qui « bute » contre le rebord du cotyle en flexion. Plus fréquent chez l'homme jeune sportif. Aspect en « crosse de pistolet » sur radio.
Excès de couverture acétabulaire : le rebord du cotyle déborde anormalement et pince le col fémoral. Plus fréquent chez la femme d'âge moyen, souvent sportive. Aspect de coxa profunda ou protrusion.
Association des deux anomalies. Le plus fréquent en clinique (>60 % des cas) : effet CAM + effet PINCER. La chirurgie traite les deux composantes.
Le labrum acétabulaire est progressivement écrasé puis déchiré, souvent en zone antéro-supérieure. La déchirure aggrave l'instabilité fonctionnelle et favorise l'évolution arthrosique.
Le CFA a été décrit dans les années 2000 et est aujourd'hui reconnu comme une cause majeure de douleur de hanche chez le sujet jeune et de coxarthrose précoce. Sa prévalence radiologique atteint 15-20 % en population générale, plus élevée chez les sportifs (jusqu'à 50 % chez les footballeurs et hockeyeurs).
Douleur antérieure profonde, parfois irradiant à la cuisse ou au pli inguinal. Aggravée par la flexion : s'asseoir, sortir de voiture, mettre ses chaussettes, accroupissement.
Le patient montre instinctivement sa douleur en formant un C avec le pouce et l'index autour du grand trochanter. Évocateur d'une douleur articulaire profonde de la hanche.
Réduction de la flexion-rotation interne (mouvement le plus précocement atteint). Difficulté à croiser les jambes, à s'accroupir profondément.
Douleur invalidante au cinéma, en voiture pour de longs trajets, au bureau. Soulagée en se levant.
Apparition ou aggravation pendant ou après l'activité sportive, en particulier les sports avec flexions profondes (cyclisme, foot, hockey, ski).
Parfois sensations de ressaut, de blocage transitoire, ou de « grain de sable » dans la hanche. Plus rare mais évocateur d'une lésion labrale.
Le diagnostic clinique repose sur des tests spécifiques :
L'infiltration intra-articulaire sous contrôle radioscopique avec anesthésique local apporte un argument diagnostique majeur : si la douleur disparaît 1-2 heures après injection, l'origine articulaire du conflit est confirmée.
Non. La prise en charge est graduée.
Adaptation des activités (éviter les flexions profondes répétées), kinésithérapie spécifique (stretching de la chaîne antérieure, renforcement fessiers), AINS si poussée, infiltration intra-articulaire. Essai sur 3 à 6 mois.
Échec du traitement médical bien conduit après 3-6 mois, chez un patient jeune actif avec : douleur persistante, limitation fonctionnelle, lésion du labrum confirmée, et conflit morphologique avéré.
Arthrose avancée (Tönnis ≥ 2) : la chirurgie conservatrice est dépassée, on s'oriente vers la prothèse. Sujet âgé peu actif. Dysplasie sévère associée (autre traitement).
Si l'indication est posée, ne pas trop attendre : la chirurgie est d'autant plus efficace que les lésions cartilagineuses sont peu avancées. Elle vise notamment à prévenir l'évolution arthrosique.
Le traitement chirurgical de référence est l'arthroscopie de hanche. Geste mini-invasif, réservé à des chirurgiens spécifiquement formés.
Patient en décubitus dorsal sur table orthopédique. Traction douce pour ouvrir l'articulation (5-15 mm). Asepsie soigneuse.
3 portes d'entrée de 5-10 mm permettant l'introduction de l'arthroscope et des instruments. Repérage radioscopique précis.
Bilan articulaire complet. Résection du PINCER (rebord acétabulaire) si présent. Réinsertion du labrum déchiré par sutures avec ancres résorbables. Traitement des lésions cartilagineuses.
Détraction. Inspection de la jonction tête-col fémoral. Résection de l'effet CAM à la fraise motorisée sous contrôle arthroscopique et radioscopique. Vérification dynamique de l'absence de conflit résiduel.
Lavage articulaire abondant, fermeture des portes d'entrée par fil résorbable. Pansement. Durée totale : 1h30 à 2h.
Liée à la traction. Engourdissement périnéal transitoire (< 5 %), régression spontanée en quelques semaines.
Rare grâce à l'antibioprophylaxie. Toute fièvre + douleur à reconsulter rapidement.
Prévention par anticoagulant 10-15 jours, bas de contention, mobilisation précoce.
Si la résection osseuse a été insuffisante. Rare avec une technique rigoureuse et un contrôle radioscopique dynamique peropératoire.
10-15 % à 5-10 ans, surtout si lésions cartilagineuses avancées au moment de la chirurgie. La chirurgie ne « répare » pas l'arthrose, elle la prévient.
Formation osseuse anormale autour de l'articulation. Prévenue par AINS pendant 6 semaines.
Position en flexion répétée sur le vélo, mécanismes, traitement, et retour à la pratique. Adaptation du matériel.
🏃 SportifHockey, football, danse, arts martiaux : sports à risque, prévention, retour à la performance après chirurgie.
⛷️ SkiPosition fléchie du ski alpin, carving, bosses et ski de randonnée : comment le ski révèle le conflit de hanche et comment reprendre les pistes.
🏒 HockeyLe sport où la morphologie came est la plus fréquente : patinage, position du gardien, pubalgie associée, traitement et retour au jeu.
Le conflit fémoro-acétabulaire (CFA) est une anomalie morphologique de la hanche qui entraîne un contact anormal entre la tête fémorale et le rebord acétabulaire lors des mouvements de flexion-rotation. On distingue trois types : CAM (effet came sur le col fémoral), PINCER (excès de couverture acétabulaire), mixte (les deux). Il provoque douleur, limitation de mobilité et lésions du labrum et du cartilage.
Douleur antérieure du pli de l'aine, parfois irradiant à la cuisse, déclenchée par la flexion (s'asseoir, sortir de voiture, accroupissement). Limitation de la flexion-rotation interne. Signe C typique : le patient montre la douleur avec le pouce et l'index en C autour du grand trochanter. Symptômes aggravés par le sport en flexion (hockey, foot, cyclisme, ski).
Examen clinique (test FADIR pour le conflit antérieur, signe C, perte de rotation interne), radiographies (face, faux profil, Lequesne) pour mesurer l'angle alpha et l'angle LCEA, IRM ou arthro-IRM pour les lésions du labrum et du cartilage. Confirmation par infiltration test.
Tous les sports avec flexions profondes répétées : hockey, football, rugby, arts martiaux, danse, golf (golf swing), cyclisme intensif, ski (position fléchie). La prédisposition morphologique est innée mais le sport pratiqué dès l'adolescence peut favoriser l'apparition d'un effet CAM.
Non. Un CFA peu symptomatique se traite d'abord médicalement : adaptation du sport, kinésithérapie spécifique, infiltration. La chirurgie arthroscopique est proposée en cas d'échec du traitement médical après 3-6 mois, chez un patient jeune actif avec lésion du labrum ou conflit anatomique bien documenté.
Sous anesthésie générale, en traction sur table orthopédique. Trois petites incisions de 5-10 mm pour introduire l'arthroscope. Bilan articulaire, résection de l'effet CAM (sur le col fémoral) et/ou PINCER (sur le rebord acétabulaire), réparation du labrum déchiré par sutures, traitement des lésions cartilagineuses. Durée 1h30 à 2h.
Béquilles en appui contact pendant 2 à 4 semaines. Sevrage progressif des béquilles sous protection de la rééducation. Marche normale vers 4-6 semaines. Reprise du vélo à 4-6 semaines, course à 3 mois, sport pivot à 4 mois.
Les résultats sont bons à très bons dans 80-90 % des cas chez les patients bien sélectionnés (jeune, peu d'arthrose, lésions labrales réparables). Disparition des douleurs, récupération de la mobilité, retour au sport au niveau initial dans la majorité des cas. Échec ou évolution arthrosique dans 10-15 %.
Complications rares : neurapraxie transitoire du nerf pudendal liée à la traction (< 5 %, régression en quelques semaines), hématome ou ecchymose, infection (< 1 %), phlébite (< 1 %). À long terme : récidive du conflit si résection insuffisante, échec et évolution vers la prothèse en cas d'arthrose avancée.
Oui. Le CFA est aujourd'hui reconnu comme une cause majeure d'arthrose précoce de la hanche chez le sujet jeune. Le traitement chirurgical du CFA, en corrigeant l'anomalie morphologique et en préservant le labrum, vise notamment à prévenir cette évolution arthrosique.
Le CFA est souvent diagnostiqué tardivement. Une consultation spécialisée permet un bilan complet et une stratégie de prise en charge adaptée — médicale ou chirurgicale.
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