Position de l'œuf, carving, bosses, montées à peaux : le ski sollicite intensément la hanche en flexion-rotation, la position même qui reproduit le conflit antérieur. Au cœur des Alpes, c'est un motif fréquent de douleur de l'aine chez le skieur. Comment le reconnaître, l'adapter et le traiter.
Le conflit fémoro-acétabulaire (CFA) survient lorsqu'une anomalie de forme de la hanche — un relief excessif sur le col fémoral (effet came) ou un débord du cotyle (effet pincer) — vient buter en flexion et rotation. Or le ski place justement la hanche dans cette zone de contrainte :
La morphologie came est fréquente, y compris chez des sportifs sans symptôme. Le ski, par ses positions fléchies répétées, démasque et accélère les symptômes chez un skieur prédisposé. C'est pourquoi un même geste peut être indolore des années puis devenir douloureux.
Douleur antérieure du pli de l'aine en fin de descente, sur les enchaînements de virages serrés et en position fléchie prolongée. Parfois une sensation d'accroc ou de blocage.
À la montée à peaux, douleur de hanche qui s'installe avec la répétition des pas en flexion. Motif classique de consultation chez le pratiquant de rando.
Gêne en chaussant les skis, en position assise prolongée sur le télésiège ou en voiture vers la station, au déchaussage.
Avec le temps : douleur à l'accroupissement, pour enfiler chaussures et chaussettes, au lever de chaise. La raideur en rotation interne s'installe.
Rarement d'emblée. La prise en charge est graduée, comme pour les autres localisations sportives du CFA.
En cas d'échec du traitement médical bien conduit (3 à 6 mois) chez un skieur motivé, l'arthroscopie de hanche (résection de la came / du pincer, réparation du labrum) est discutée. Voir la fiche CFA pour le détail de l'intervention.
Le ski est une activité de pivot-flexion : sa reprise est plus tardive que celle des activités linéaires (vélo, course en ligne).
Récupération de la mobilité indolore, vélo d'appartement, renforcement progressif. Pas d'impact ni de pivot.
Course en ligne, renforcement fessiers/tronc, proprioception. Préparation spécifique à la flexion-rotation.
Reprise du ski sur pistes faciles, virages amples, sessions courtes, selon force et mobilité récupérées.
Ski plus engagé, ski de randonnée, après validation des critères fonctionnels. Calendrier individualisé selon le geste et les lésions associées.
Un CFA évoluant depuis longtemps s'accompagne souvent de lésions du labrum et du cartilage. Leur présence influence le calendrier de reprise et le résultat. D'où l'intérêt de consulter sans trop attendre quand une douleur de hanche s'installe chez le skieur.
Le ski impose une hanche fléchie et en rotation (œuf, carving, bosses, montée à peaux). Cette position se rapproche du test FADIR qui reproduit le conflit antérieur. Chez un skieur porteur d'une came ou d'un pincer, ces contraintes répétées déclenchent des douleurs d'aine.
Douleur du pli de l'aine en fin de descente ou après le ski, accentuée en position fléchie, à la montée en ski de randonnée et sur les virages serrés. Gêne aussi en chaussant, au télésiège, en voiture. Soulagée au repos.
Pas systématiquement. On adapte d'abord la pratique, on travaille mobilité et fessiers en kiné, on propose une infiltration si besoin. La chirurgie (arthroscopie) est discutée en cas d'échec chez un skieur souhaitant conserver son niveau.
Ski facile souvent vers 4 à 5 mois, ski soutenu et randonnée vers 5 à 6 mois, après récupération de la force, de la mobilité et validation de critères fonctionnels. Calendrier individualisé.
Oui : la montée à peaux impose une flexion de hanche répétée à chaque pas, parfois des heures. C'est une situation fréquemment révélatrice chez un porteur de came. Des adaptations (pas, cadence, mobilité, renforcement) permettent souvent de poursuivre.
Au cœur des Alpes, le Dr Pacoret prend en charge les skieurs — alpin, randonnée, télémark — pour un diagnostic précis du conflit de hanche et un retour durable sur les pistes.
Prendre rendez-vous →Avertissement médical — page d'information générale à visée pédagogique. Elle ne remplace pas une consultation. La stratégie (adaptation, rééducation, chirurgie) est individualisée selon le bilan d'imagerie et le projet sportif.