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🦴 Fiche complète — Chirurgie du genou

Prothèse totale du genou (PTG) à Chambéry : guide complet

Lorsque l'arthrose du genou devient invalidante, la prothèse totale du genou permet de retrouver une vie active, mobile et indolore. Avec la chirurgie assistée par robot et la RAAC (récupération améliorée), les protocoles modernes optimisent récupération et durabilité. Guide complet pour le patient.

Prothèse totale du genou (PTG) — Médipôle de Savoie, Chambéry
🔍
Bilan
Radio + planification 3D
⏱️
Durée
1h30 – 2h
🏥
Hospitalisation
1 à 3 jours (RAAC)
🦾
Rééducation
2 à 3 mois
🚴
Reprise sport loisir
3 à 6 mois

Comprendre l'arthrose du genou

La gonarthrose (arthrose du genou) est une usure progressive du cartilage articulaire du genou. Le cartilage, qui glisse normalement entre fémur et tibia, devient fissuré, aminci puis détruit. Les surfaces osseuses entrent en contact direct, source de douleur, de raideur et de déformation progressive.

L'arthrose peut être primitive (vieillissement, génétique) ou secondaire (post-traumatique après fracture, suite à une chirurgie méniscale, dans un contexte d'arthrite inflammatoire, ou liée à une désaxation).

📊
Une pathologie fréquente

L'arthrose du genou touche 10 à 15 % de la population française après 65 ans. Elle est aujourd'hui la première cause de pose de prothèse en France, avec plus de 100 000 PTG implantées chaque année. Les progrès chirurgicaux ont rendu cette intervention sûre et durable.

Quand envisager une prothèse de genou ?

La PTG est la dernière étape du parcours thérapeutique de l'arthrose. Elle est envisagée après échec du traitement médical bien conduit, généralement chez des patients de plus de 60-65 ans (mais l'âge n'est pas une limite absolue).

Étape 1

Traitement médical

Kinésithérapie, antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires courts), infiltrations de corticoïdes, viscosupplémentation (acide hyaluronique), perte de poids, adaptation des activités, cannes en cas de douleur.

Étape 2

Chirurgie conservatrice

Si arthrose uni-compartimentale chez patient jeune et actif : ostéotomie tibiale de valgisation ou prothèse unicompartimentale. Permet de différer la PTG de 10-15 ans.

Étape 3

Indication PTG

Critères : douleur quotidienne invalidante, retentissement sur la marche et le sommeil, échec du traitement médical bien conduit, signes radiologiques évolués (pincement, ostéophytes, désaxation), conséquences sur la qualité de vie.

Contre-indications

Quand on n'opère pas

Infection en cours, état général très précaire, déficit musculaire majeur, troubles cognitifs empêchant la rééducation, arthropathie neurologique active. L'âge avancé n'est pas une contre-indication en soi.

La chirurgie assistée par robot

Au Médipôle de Savoie, certaines PTG sont réalisées avec assistance robotique (Mako, ROSA…), une avancée majeure des dernières années.

Principe

  1. Planification 3D préopératoire : un scanner du genou est intégré dans le logiciel, qui propose une simulation 3D précise de la prothèse adaptée à votre anatomie.
  2. Bras robotique en peropératoire : le robot guide la main du chirurgien lors des coupes osseuses, garantissant une précision millimétrique conforme à la planification.
  3. Vérification ligamentaire dynamique : le robot mesure en temps réel les tensions ligamentaires et permet un équilibrage parfait.

Avantages

  • Précision du positionnement de la prothèse (alignement, taille)
  • Équilibrage ligamentaire optimisé → meilleure sensation fonctionnelle
  • Récupération potentiellement plus rapide
  • Durabilité de la prothèse améliorée (moins d'usure asymétrique)
🤖
Le robot ne remplace pas le chirurgien

L'expertise du chirurgien reste centrale : indication, voie d'abord, équilibrage final, traitement des lésions associées. Le robot est un outil d'aide à la précision qui amplifie la qualité chirurgicale — pas un substitut. La décision d'utiliser ou non l'assistance robotique est discutée au cas par cas.

Déroulement de l'intervention

1
Anesthésie

Locorégionale + sédation

Rachianesthésie ou anesthésie générale selon le cas. Bloc nerveux et infiltration peropératoire pour contrôler la douleur post-opératoire.

2
Voie d'abord

Arthrotomie médiale

Incision verticale en avant du genou, 10-15 cm. Ouverture du genou par voie médiale. Accès à l'articulation.

3
Coupes osseuses

Précision millimétrique

Coupes du fémur, du tibia, et de la rotule (si indication) selon la planification. Instrumentation classique, naviguée ou robotisée selon la stratégie.

4
Essais

Test prothèses d'essai

Mise en place de prothèses d'essai pour vérifier les amplitudes, la stabilité et l'équilibre ligamentaire. Ajustements éventuels.

5
Implantation

Fixation cimentée

Cimentage des composants fémoral, tibial et patellaire (si patelle resurfacée). Vérification de la stabilité.

6
Fermeture

Suture & pansement

Fermeture par plans, drain optionnel, pansement compressif. Durée totale 1h30 à 2h.

RAAC — Récupération améliorée

La RAAC (Récupération Améliorée Après Chirurgie) est un protocole global qui transforme l'expérience post-opératoire. Au Médipôle, la PTG est intégrée dans un parcours RAAC complet.

Avant l'opération

  • Information complète et préparation psychologique
  • Préhabilitation kinésithérapique (2-4 semaines avant)
  • Bilan nutritionnel
  • Arrêt du tabac, optimisation médicale

Pendant l'hospitalisation

  • Anesthésie locorégionale + infiltration peropératoire (cocktail antalgique)
  • Lever et premiers pas dès J0, en chambre puis dans le couloir
  • Reprise précoce de l'alimentation
  • Pas de drain ou drain retiré rapidement
  • Kinésithérapie pluri-quotidienne dès J+1
  • Sortie à J+1 à J+3 selon évolution

Après la sortie

  • Kinésithérapie de ville 2-3 fois par semaine
  • Suivi téléphonique précoce
  • Consultation de contrôle à 6 semaines

Calendrier de récupération

J+0
Jour de l'opération

Premiers pas

Sous anesthésie locorégionale efficace, premiers pas en chambre avec un kinésithérapeute. Glace, élévation, gestion antalgique.

J+1-3
Hospitalisation

Sortie

Marche avec béquilles dans le couloir, kinésithérapie 2 fois/jour, récupération de l'extension complète prioritaire, flexion progressive.

S+2
Domicile

Flexion 90°

Extension complète, flexion à 90°, marche en charge progressive. Sevrage progressif des antalgiques forts. Kinésithérapie 3 fois/semaine.

S+4-6
Sevrage béquilles

Marche autonome

Abandon des béquilles. Marche normale en plat. Flexion à 110-120°. Reprise des activités quotidiennes. Vélo d'appartement.

M+3
Activités

Vie active

Marche illimitée, randonnée modérée, vélo en extérieur. Activité de la vie quotidienne complète. Conduite OK depuis 4-6 semaines.

M+6-12
Stabilisation

Résultat définitif

Récupération complète. Marche, randonnée, vélo, ski de loisir, golf, natation. Le résultat fonctionnel continue d'évoluer jusqu'à 1 an post-opératoire.

Sports compatibles avec une prothèse de genou

Recommandés

Marche, randonnée, vélo

Sports de fond, marche nordique, vélo route et VTT facile. Entretien parfait du genou, plaisir conservé, sans risque pour la prothèse.

Recommandés

Natation, aquagym

Sports en charge réduite, idéaux pour l'entretien musculaire et cardiovasculaire. Aucune contrainte sur la prothèse.

Possibles

Ski alpin (loisir), golf

Ski sur pistes vertes/bleues en bonne condition, doubles tennis loisir, golf : possible avec adaptation. Reprise vers 3-6 mois.

Possibles

Ski de fond, raquettes

Ski de fond classique et raquettes à neige : excellents sports d'hiver, autorisés à 3-4 mois.

Déconseillés

Course à pied prolongée

Trail, marathon, course longue : sollicitation excessive, risque d'usure prématurée de la prothèse. Course modérée occasionnelle tolérée.

Déconseillés

Sports pivot-contact

Foot, rugby, hand, basket, hockey, ski hors-piste engagé : contraintes en pivot dangereuses pour la prothèse. À éviter.

Durée de vie et résultats à long terme

Les prothèses modernes offrent d'excellents résultats à long terme :

  • Durée de vie : 90 % des prothèses fonctionnent toujours à 20 ans, et beaucoup vont au-delà
  • Satisfaction patient : 85-90 % des patients sont satisfaits ou très satisfaits du résultat
  • Récupération fonctionnelle : marche normale dans la quasi-totalité des cas, sports de loisir compatibles
  • Reprise prothétique : 10 % des prothèses devront être reprises (changement de prothèse) à 20 ans
📈
Une chirurgie qui a fait ses preuves

La PTG est l'une des chirurgies les plus efficaces de la médecine moderne, avec un rapport bénéfice/risque exceptionnel. Pour un patient en souffrance chronique d'arthrose, elle transforme la qualité de vie.

Risques et complications

Infection (< 1 %)

Rare grâce à l'antibioprophylaxie. Toute fièvre + douleur dans les 3 premiers mois doit faire reconsulter en urgence. Une infection profonde peut nécessiter une reprise chirurgicale.

Phlébite, embolie (< 1 %)

Prévenue par anticoagulants 4-6 semaines, bas de contention, mobilisation précoce. Risque réel mais maîtrisé par les protocoles RAAC.

Raideur (< 5 %)

Perte de flexion en deçà de 90°. Prévenue par la kinésithérapie précoce et rigoureuse. Peut nécessiter une mobilisation sous anesthésie en cas d'évolution défavorable.

Descellement prothétique

À long terme (10-20 ans), perte de fixation de la prothèse. Manifesté par une douleur croissante. Nécessite un changement de prothèse (reprise prothétique).

Douleurs résiduelles

10-15 % des patients gardent des douleurs modérées résiduelles malgré une chirurgie réussie. Souvent en partie de l'arthrose globale du genou (rotule, articulation fémoro-patellaire) ou d'origine extra-articulaire.

Instabilité, fracture périprothétique

Rare : instabilité par déséquilibre ligamentaire, fracture autour de la prothèse en cas de traumatisme. Prises en charge spécifiques.

Questions fréquentes

Quand envisager une prothèse de genou ?

La prothèse totale du genou (PTG) est indiquée en cas d'arthrose évoluée et invalidante du genou (gonarthrose stade 3-4), après échec du traitement médical bien conduit (kinésithérapie, antalgiques, infiltrations, viscosupplémentation). Critères : douleur quotidienne, retentissement sur la marche et la vie quotidienne, échec des traitements conservateurs.

Qu'est-ce que la chirurgie robot-assistée du genou ?

La chirurgie assistée par robot utilise un bras robotique qui guide les coupes osseuses avec une précision millimétrique selon une planification 3D personnalisée. Avantages : positionnement implant ultra-précis, équilibrage ligamentaire optimisé, récupération plus rapide. La main du chirurgien reste totalement maîtresse de l'intervention.

Combien de temps dure l'hospitalisation ?

Avec le protocole RAAC (récupération améliorée), la durée d'hospitalisation est de 1 à 3 jours. Lever et premiers pas dès J0 sous anesthésie locorégionale. Sortie à domicile dès que la marche est sécurisée et que la douleur est contrôlée par voie orale.

Combien de temps avant de remarcher normalement ?

Marche avec béquilles dès le lendemain de l'intervention. Sevrage des béquilles à 2-3 semaines. Marche normale autour de 4-6 semaines. Reprise complète des activités quotidiennes à 2-3 mois. La récupération continue de progresser jusqu'à 1 an.

Quels sports sont compatibles avec une prothèse de genou ?

Recommandés : marche, randonnée, vélo, natation, golf, ski alpin de loisir sur pistes faciles. Déconseillés : course à pied prolongée, sports pivot-contact (foot, rugby, hand, ski hors-piste, tennis intensif). Possibles avec adaptation : doubles tennis, ski de fond.

Combien de temps dure une prothèse de genou ?

Les prothèses modernes ont une durée de vie estimée à 20-25 ans pour 90 % des patients, voire au-delà. La durée de vie dépend de l'activité physique, du poids, de la qualité osseuse, du type de prothèse et de la technique chirurgicale.

Quels sont les risques de la chirurgie ?

Complications rares (< 2 % au total) : infection, phlébite, raideur, descellement, instabilité, douleurs résiduelles, complications neuro-vasculaires. La prévention rigoureuse (antibiotique, anticoagulants, RAAC) et la qualité chirurgicale limitent ces risques. Information complète délivrée en consultation préopératoire.

Quelle douleur après l'opération ?

La douleur post-opératoire est moyenne, bien contrôlée par les protocoles antalgiques multi-modaux (cathéter péri-nerveux, anti-inflammatoires, paracétamol, glace, anesthésie locale infiltrée). La douleur diminue rapidement à partir de J+3 et devient supportable au quotidien à 2-3 semaines.

Faut-il faire de la kinésithérapie après l'opération ?

Oui, indispensable. Rééducation débutée dès J+1 en hospitalisation, poursuivie en kiné de ville à raison de 2-3 séances par semaine pendant 2-3 mois. Au total 30-50 séances. L'objectif est de récupérer l'extension complète, une flexion fonctionnelle (> 110°) et la force musculaire.

Quand peut-on reprendre le travail ?

Pour un travail sédentaire : 4 à 6 semaines (avec télétravail possible plus tôt). Pour un travail physique : 3 à 6 mois selon la pénibilité. Aménagements à discuter avec le médecin du travail. La majorité des patients étant retraités, cette question concerne une minorité.

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Consultation spécialisée pour évaluer le stade de l'arthrose et discuter de la meilleure stratégie : traitement médical, chirurgie conservatrice ou prothèse.

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