Lorsque l'arthrose du genou devient invalidante, la prothèse totale du genou permet de retrouver une vie active, mobile et indolore. Avec la chirurgie assistée par robot et la RAAC (récupération améliorée), les protocoles modernes optimisent récupération et durabilité. Guide complet pour le patient.
La gonarthrose (arthrose du genou) est une usure progressive du cartilage articulaire du genou. Le cartilage, qui glisse normalement entre fémur et tibia, devient fissuré, aminci puis détruit. Les surfaces osseuses entrent en contact direct, source de douleur, de raideur et de déformation progressive.
L'arthrose peut être primitive (vieillissement, génétique) ou secondaire (post-traumatique après fracture, suite à une chirurgie méniscale, dans un contexte d'arthrite inflammatoire, ou liée à une désaxation).
L'arthrose du genou touche 10 à 15 % de la population française après 65 ans. Elle est aujourd'hui la première cause de pose de prothèse en France, avec plus de 100 000 PTG implantées chaque année. Les progrès chirurgicaux ont rendu cette intervention sûre et durable.
La PTG est la dernière étape du parcours thérapeutique de l'arthrose. Elle est envisagée après échec du traitement médical bien conduit, généralement chez des patients de plus de 60-65 ans (mais l'âge n'est pas une limite absolue).
Kinésithérapie, antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires courts), infiltrations de corticoïdes, viscosupplémentation (acide hyaluronique), perte de poids, adaptation des activités, cannes en cas de douleur.
Si arthrose uni-compartimentale chez patient jeune et actif : ostéotomie tibiale de valgisation ou prothèse unicompartimentale. Permet de différer la PTG de 10-15 ans.
Critères : douleur quotidienne invalidante, retentissement sur la marche et le sommeil, échec du traitement médical bien conduit, signes radiologiques évolués (pincement, ostéophytes, désaxation), conséquences sur la qualité de vie.
Infection en cours, état général très précaire, déficit musculaire majeur, troubles cognitifs empêchant la rééducation, arthropathie neurologique active. L'âge avancé n'est pas une contre-indication en soi.
Au Médipôle de Savoie, certaines PTG sont réalisées avec assistance robotique (Mako, ROSA…), une avancée majeure des dernières années.
L'expertise du chirurgien reste centrale : indication, voie d'abord, équilibrage final, traitement des lésions associées. Le robot est un outil d'aide à la précision qui amplifie la qualité chirurgicale — pas un substitut. La décision d'utiliser ou non l'assistance robotique est discutée au cas par cas.
Rachianesthésie ou anesthésie générale selon le cas. Bloc nerveux et infiltration peropératoire pour contrôler la douleur post-opératoire.
Incision verticale en avant du genou, 10-15 cm. Ouverture du genou par voie médiale. Accès à l'articulation.
Coupes du fémur, du tibia, et de la rotule (si indication) selon la planification. Instrumentation classique, naviguée ou robotisée selon la stratégie.
Mise en place de prothèses d'essai pour vérifier les amplitudes, la stabilité et l'équilibre ligamentaire. Ajustements éventuels.
Cimentage des composants fémoral, tibial et patellaire (si patelle resurfacée). Vérification de la stabilité.
Fermeture par plans, drain optionnel, pansement compressif. Durée totale 1h30 à 2h.
La RAAC (Récupération Améliorée Après Chirurgie) est un protocole global qui transforme l'expérience post-opératoire. Au Médipôle, la PTG est intégrée dans un parcours RAAC complet.
Sous anesthésie locorégionale efficace, premiers pas en chambre avec un kinésithérapeute. Glace, élévation, gestion antalgique.
Marche avec béquilles dans le couloir, kinésithérapie 2 fois/jour, récupération de l'extension complète prioritaire, flexion progressive.
Extension complète, flexion à 90°, marche en charge progressive. Sevrage progressif des antalgiques forts. Kinésithérapie 3 fois/semaine.
Abandon des béquilles. Marche normale en plat. Flexion à 110-120°. Reprise des activités quotidiennes. Vélo d'appartement.
Marche illimitée, randonnée modérée, vélo en extérieur. Activité de la vie quotidienne complète. Conduite OK depuis 4-6 semaines.
Récupération complète. Marche, randonnée, vélo, ski de loisir, golf, natation. Le résultat fonctionnel continue d'évoluer jusqu'à 1 an post-opératoire.
Sports de fond, marche nordique, vélo route et VTT facile. Entretien parfait du genou, plaisir conservé, sans risque pour la prothèse.
Sports en charge réduite, idéaux pour l'entretien musculaire et cardiovasculaire. Aucune contrainte sur la prothèse.
Ski sur pistes vertes/bleues en bonne condition, doubles tennis loisir, golf : possible avec adaptation. Reprise vers 3-6 mois.
Ski de fond classique et raquettes à neige : excellents sports d'hiver, autorisés à 3-4 mois.
Trail, marathon, course longue : sollicitation excessive, risque d'usure prématurée de la prothèse. Course modérée occasionnelle tolérée.
Foot, rugby, hand, basket, hockey, ski hors-piste engagé : contraintes en pivot dangereuses pour la prothèse. À éviter.
Les prothèses modernes offrent d'excellents résultats à long terme :
La PTG est l'une des chirurgies les plus efficaces de la médecine moderne, avec un rapport bénéfice/risque exceptionnel. Pour un patient en souffrance chronique d'arthrose, elle transforme la qualité de vie.
Rare grâce à l'antibioprophylaxie. Toute fièvre + douleur dans les 3 premiers mois doit faire reconsulter en urgence. Une infection profonde peut nécessiter une reprise chirurgicale.
Prévenue par anticoagulants 4-6 semaines, bas de contention, mobilisation précoce. Risque réel mais maîtrisé par les protocoles RAAC.
Perte de flexion en deçà de 90°. Prévenue par la kinésithérapie précoce et rigoureuse. Peut nécessiter une mobilisation sous anesthésie en cas d'évolution défavorable.
À long terme (10-20 ans), perte de fixation de la prothèse. Manifesté par une douleur croissante. Nécessite un changement de prothèse (reprise prothétique).
10-15 % des patients gardent des douleurs modérées résiduelles malgré une chirurgie réussie. Souvent en partie de l'arthrose globale du genou (rotule, articulation fémoro-patellaire) ou d'origine extra-articulaire.
Rare : instabilité par déséquilibre ligamentaire, fracture autour de la prothèse en cas de traumatisme. Prises en charge spécifiques.
La prothèse totale du genou (PTG) est indiquée en cas d'arthrose évoluée et invalidante du genou (gonarthrose stade 3-4), après échec du traitement médical bien conduit (kinésithérapie, antalgiques, infiltrations, viscosupplémentation). Critères : douleur quotidienne, retentissement sur la marche et la vie quotidienne, échec des traitements conservateurs.
La chirurgie assistée par robot utilise un bras robotique qui guide les coupes osseuses avec une précision millimétrique selon une planification 3D personnalisée. Avantages : positionnement implant ultra-précis, équilibrage ligamentaire optimisé, récupération plus rapide. La main du chirurgien reste totalement maîtresse de l'intervention.
Avec le protocole RAAC (récupération améliorée), la durée d'hospitalisation est de 1 à 3 jours. Lever et premiers pas dès J0 sous anesthésie locorégionale. Sortie à domicile dès que la marche est sécurisée et que la douleur est contrôlée par voie orale.
Marche avec béquilles dès le lendemain de l'intervention. Sevrage des béquilles à 2-3 semaines. Marche normale autour de 4-6 semaines. Reprise complète des activités quotidiennes à 2-3 mois. La récupération continue de progresser jusqu'à 1 an.
Recommandés : marche, randonnée, vélo, natation, golf, ski alpin de loisir sur pistes faciles. Déconseillés : course à pied prolongée, sports pivot-contact (foot, rugby, hand, ski hors-piste, tennis intensif). Possibles avec adaptation : doubles tennis, ski de fond.
Les prothèses modernes ont une durée de vie estimée à 20-25 ans pour 90 % des patients, voire au-delà. La durée de vie dépend de l'activité physique, du poids, de la qualité osseuse, du type de prothèse et de la technique chirurgicale.
Complications rares (< 2 % au total) : infection, phlébite, raideur, descellement, instabilité, douleurs résiduelles, complications neuro-vasculaires. La prévention rigoureuse (antibiotique, anticoagulants, RAAC) et la qualité chirurgicale limitent ces risques. Information complète délivrée en consultation préopératoire.
La douleur post-opératoire est moyenne, bien contrôlée par les protocoles antalgiques multi-modaux (cathéter péri-nerveux, anti-inflammatoires, paracétamol, glace, anesthésie locale infiltrée). La douleur diminue rapidement à partir de J+3 et devient supportable au quotidien à 2-3 semaines.
Oui, indispensable. Rééducation débutée dès J+1 en hospitalisation, poursuivie en kiné de ville à raison de 2-3 séances par semaine pendant 2-3 mois. Au total 30-50 séances. L'objectif est de récupérer l'extension complète, une flexion fonctionnelle (> 110°) et la force musculaire.
Pour un travail sédentaire : 4 à 6 semaines (avec télétravail possible plus tôt). Pour un travail physique : 3 à 6 mois selon la pénibilité. Aménagements à discuter avec le médecin du travail. La majorité des patients étant retraités, cette question concerne une minorité.
Consultation spécialisée pour évaluer le stade de l'arthrose et discuter de la meilleure stratégie : traitement médical, chirurgie conservatrice ou prothèse.
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